Les détours qui nous ramènent au chemin de départ

Bonjour à vous,

Aujourd’hui, j’ai l’élan de partager ma réalisation du matin, qui a pris un certain temps à devenir une évidence pour moi. J’en profite pour faire un bilan de vie, ou presque haha!

La semaine dernière, j’ai pris la décision de ne plus alimenter la partie « entreprenariat » qui venait avec le fait d’être artiste à temps plein. Cela veut dire que vendre mes créations ne fait plus partie de mon focus. Cette décision est venue juste après le renouvellement de ma boutique en ligne pour la prochaine année, alors celle-ci restera active jusqu’en juillet 2023, mais je n’y ajouterai pas de nouvelles peintures et au fil des semaines, le choix risque de diminuer, car je pense déjà à réutiliser quelques supports de ces peintures pour faire de nouvelles créations. Tel est le cycle de la vie! Je vous mets le lien de la boutique ici, https://florenceberthold.ca/art/, au cas où vous en aviez « spotté » une et que vous attendiez le « bon » moment.

L’envie d’écrire un article n’est pas tellement pour parler de mes peintures qui sont à vendre ou non, mais plutôt d’illustrer les pièges dans lesquels je suis tombée et qui m’ont éloignée de ma voie.

J’ai toujours eu la chance d’être créative et les conditions dans lesquelles j’ai grandi ont certainement donné beaucoup d’importance à mon imagination. L’endroit où j’ai grandi était un terrain de jeu incroyable! J’ai beaucoup de gratitude pour toutes les heures que j’ai pu passer dans la nature, à simplement vivre loin de toutes les préoccupations que peuvent porter les gens. Ça m’a permis de développer une connexion sacrée avec ce qui est.

Plus tard, quand mes parents ont déménagé au Québec, je me suis sentie déracinée. C’est là que l’écriture est entrée dans ma vie. À l’âge de douze ans, j’écrivais des poèmes pour sortir toute la noirceur qui commençait à m’envahir. Jouer de la guitare m’a également permis de traverser mes années de secondaire, où mon mal de vivre était à son summum.

Puis, j’ai vécu ma première relation amoureuse, où mon copain de l’époque m’a dit qu’il avait rêvé que j’étais reconnue pour mon livre « Les émotions humaines ». Livre que je n’ai pas encore écrit, mais pour lequel, j’ai fait quelques tentatives. Aussi banal que ça semble être, c’est là que j’ai pris mon premier détour. Quelle belle idée d’écrire sur le thème des émotions humaines, alors que mes poèmes sont le réceptacle de mes émotions depuis plusieurs années, me suis-je dit! Ça semblait la voie à suivre. Mais je n’ai plus jamais écrit aussi bien qu’avant cette étape-là.

Je me suis mise à poursuivre ce rêve d’être écrivain. J’ai fait un BAC en littérature, profil création. Très ironique d’avoir à lire pleins d’autres auteurs, quand à l’intérieur de moi, je n’avais pas besoin de la voix des autres pour mettre les mots sur le papier. Je ne comprenais pas encore l’importance de l’écriture pour moi. Qu’est-il arrivé en cherchant à devenir écrivain? J’ai commencé à avoir un lecteur qui lisait par dessus mon épaule tout le temps! Assez castrant merci! Mais j’ai continué d’essayer. Au point où en 2012, j’ai décidé de quitter complètement le circuit de travail standard pour me consacrer à l’écriture uniquement. À ce moment-là, j’ai commencé à peindre plus sérieusement. Je n’arrivais pas à écrire plus de 2-3h par jour et comme ça me prenait beaucoup de jus de cerveau, une activité comme la peinture venait rééquilibrer. À ce moment-là, je faisais de l’aquarelle, car j’aimais la transparence et la vivacité des couleurs. J’avais trouvé une façon de peindre à l’aquarelle bien à moi, n’ayant jamais suivi de cours de peinture ou lu sur la question!

Le deuxième détour est arrivé lorsque j’ai été à une exposition et que j’ai parlé avec un artiste qui faisait des toiles très colorées aussi. Je lui montre une photo de ce que je fais (à ce moment-là, juste pour le plaisir) et il me dit: « tu devrais peindre à l’acrylique, les maisons des gens d’ici ont trop de fenêtres et ils n’achètent pas d’aquarelles ». Et boum, l’idée de vendre mes oeuvres devenait plus sérieuse et si je voulais réussir, il fallait faire….. ce que j’ai fait! Très rapidement en plus.

Troisième détour: j’ai décidé de faire un BAC en arts et média, histoire d’en savoir un peu plus sur l’art, car comme pour l’écriture, je n’avais pas vraiment de culture générale à ce sujet! Durant mon BAC, on m’a appris à analyser, à détailler, sortir des tonnes d’idées, référencer, etc. On m’a appris qu’il fallait réfléchir avant de penser à créer quoi que ce soit. Apparemment que les meilleures idées ne pouvaient par être les premières qui venaient, qu’il fallait creuser plus loin… Malgré tout, j’ai quand même choisi de faire ma dernière année de BAC sur le thème du lâcher-prise en peinture, ce qui m’a amené à créer les peintures que je fais aujourd’hui. Mais là encore, détour. Alors que mon projet était de montrer, à travers la peinture, comment chaque influence extérieure a un impact sur l’humain, qu’il en soit conscient ou non, ma prof considérait que mes toiles étaient terminées après 4 semaines, alors que j’avais prévu peindre dessus pendant 32 semaines! C’est là que j’ai commencé à peindre en quantité!

Mêlé à mes années de BAC, il y a eu les expositions de différentes envergures, les expériences de galeries collectives et tout ce qui vient avec: les conseils et trucs des autres artistes, les préférences visuelles du public, le soutien des gens qui m’aime. Ce qui m’a évidemment amené sur la voie de devenir artiste professionnelle et de vendre mes créations que beaucoup disent apprécier.

N’ayant pas eu de support dans mon BAC par rapport au marketing, j’ai fait mes propres recherches, suivi des petites formations en quantité et j’ai mis en action ce que je pouvais. Malgré beaucoup de travail, mon entreprise n’a jamais vraiment décollée. Pourquoi me demanderez-vous? Est-ce que je n’y ai pas assez mis d’efforts? Pas assez cru en moi? Les efforts, je les ai mis au point de perdre mon élan de créer. Mais en effet, je n’ai pas assez cru en moi. Parce que je ne savais pas pourquoi je créais réellement. Aujourd’hui, j’en prends finalement conscience et il n’y a que ça qui importe. Voyez-vous, je n’ai jamais eu l’ambition de la plupart des artistes, d’avoir une renommée internationale ou de faire des tonnes d’expositions un peu partout pour montrer mes oeuvres et les vendre. Pourtant, j’adore ce que je fais et il n’y a pas beaucoup d’oeuvres que je mettrais à la place des miennes dans ma maison. Ce qu’il y a de précieux quand je crée, c’est que je suis en contact direct avec mon âme. Je passe du temps de qualité avec elle, beaucoup plus que si je médite simplement. C’est en créant que j’ai accès à toutes les réponses de la vie. Créer est l’outil le plus précieux que je possède, car il m’amène une meilleure compréhension de ce qui m’entoure et de qui je suis. Créer m’amène sur un chemin sans cesse renouvelé, à découvrir.

Quand on regarde une peinture, il est facile de ne voir que ce qui se trouve en face de soi, alors qu’elle donne accès à tout un monde!

Voilà, je réintègre mes créations comme outils de sagesse uniquement, afin de me libérer de toutes les déformations que le regard de l’autre peut amener, surtout dans un processus de vente! Il me fera toujours plaisir de vous partager ce que je fais, car mes créations demandent à être vues et il en sera ainsi. Je fais confiance, que si lors de mon processus créatif, j’en venais à créer une peinture qui vous est destinée, vous saurez la reconnaître et venir vers moi la chercher!

Je conclus en vous partageant cette peinture de 2018, « Se libérer du passé pour renaître à soi », de ma série Âme guérison. C’est loin d’être ma peinture favorite, mais le thème se prête bien à la situation, alors voilà!

Je vous souhaite une belle journée et je vous invite à regarder de temps en temps, si les choix que vous faites sont réellement les vôtres, où si comme moi, vous avez oublié de regarder à l’intérieur de vous si ça vibrait.

Paix et amour

Fleuressence

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